Née en 1991, Juliette Terreaux est scénographe et plasticienne diplômée de l’École Supérieure des Arts Appliqués Duperré et de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.
Elle travaille sur la doublure des espaces fantômes ou cachés : à partir d’un travail d’enquête sur le bâti, elle construit des espaces narratifs où se mêlent fantasme et réalité.
En 2019, elle fonde cinq.bis, un studio réunissant pour la première fois la création d’espaces miniatures et de parfums sur mesure.


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Paulette,
2 rue Moppert


Création en cours.
Double miniature et olfactif de la maison de Paulette Moppert (1908-1999).
// Studio cinq.bis
Co réalisation de la miniature avec Ateliermisto (Brescia, Italie).

La maison de Paulette, habitation typique des années 30 à qui j’ai consacré une partie de mon mémoire « La chambre secrète : de l’intérieur à l’intériorité » (ENSAD, 2016), est à l’origine d’une maquette olfactive.
La construction aujourd’hui inaccessible est restituée dans une version miniature à partir des plans d’origine.
Deux fragrances émanent à tour de rôle de l’objet : la première est une reconstitution du parfum « Abandon », création de l’époux de Paulette dont les ateliers de parfumerie communiquaient avec la maison familiale ; la seconde est une création sur mesure — retranscription des souvenirs olfactifs d’un ancien habitant de la maison.





163 rue
Saint-Maur


Collaboration avec Ateliermisto (Brescia, Italie)

Maquette d’une scénographie conçue par KCD pour la fashion week dans l’atelier de Maison Margiela.
Situé au 163 rue Saint-Maur à Paris, l’édifice du XVIe siècle faisait office de couvent puis d’école de design industriel avant de devenir le siège actuel de MM en 2004.


© Cecil Mathieu
© Miza Mucciarelli











Basilique Saint-Denis


Maquette commandée par le Centre des monuments nationaux pour l’exposition “La splendeur retrouvée de la Basilique Saint-Denis”.

Décor installé devant la façade de la basilique Saint-Denis pour le cortège funèbre de Louis XVI et Marie-Antoinette, le 21 janvier 1817.
Reconstitution à partir d'un dessin de Hittorff (1792-1867).


© Jean-Luc Guérin





5 BIS bis


Création et réalisation d’un double miniature du 5 bis rue de Verneuil, lieu où Serge Gainsbourg vécu, à partir d’un travail d’enquête.
Construction de la maquette en duo avec Marine Villain.

Réalisation d’un heurtoir miniature par Claire Avocat. 


© Jean-Luc Guérin
© Juliette Terreaux 

Au seuil du 5 bis rue de Verneuil, des visiteurs immobiles et silencieux. Je regrette comme eux de ne pouvoir me glisser de l’autre côté, telle une passe-muraille. Sur internet, je découvre une profusion d'images qui dévoilent l’envers de la façade.
Le tissu noir tendu, la moquette où s’enchevêtrent feuilles de choux et pavots, et partout les bibelots, les portraits, éclairés par quelques touches de lumière. Dans ce curieux ensemble, le noir feutré des murs et l’ivoire satiné des portes semblent faire écho aux touches d’un clavier. Comme dans un décor, chaque élément a une place savamment choisie. Ce qui naguère n’était qu’une boutique est devenu un hôtel particulier, réaménagé par celui qui composa, deux ans après son installation, l’histoire de Melody Nelson. Si le lieu n’est plus aujourd’hui habité, tout nous ramène à celui qui l’a façonné à son image. Chaque objet livre un pan de son intimité et de son œuvre, chaque détail a valeur d’indice.

Créer le double miniature du 5 bis, inaccessible et inhabité, connu et méconnu tout à la fois, m’est apparu comme une évidence. Je voulais donner à voir l’invisible, connaître ses moindres recoins, surplomber d’un seul regard son volume. Le défis était de taille.

Les sources publiques ont permis, dans une certaine mesure, d’accéder à l’espace caché. Sur internet, des photographies montrent les pièces sous différents angles. L’éclairage et le cadrage donnent cependant des informations parcellaires voire trompeuses. Quelles sont les réelles dimensions des pièces ? Quelles circulations des corps et des regards permet leur distribution ? De l’une à l’autre, quelles ouvertures et quels passages ?



© Xavier Martin