5 BIS bis


Création et réalisation d’un double miniature du 5 bis rue de Verneuil, lieu où Serge Gainsbourg vécu, à partir d’un travail d’enquête.
Construction de la maquette en duo avec Marine Villain.

Réalisation d’un heurtoir miniature par Claire Avocat. 


© Jean-Luc Guérin
© Juliette Terreaux 

Au seuil du 5 bis rue de Verneuil, des visiteurs immobiles et silencieux. Je regrette comme eux de ne pouvoir me glisser de l’autre côté, telle une passe-muraille. Sur internet, je découvre une profusion d'images qui dévoilent l’envers de la façade.
Le tissu noir tendu, la moquette où s’enchevêtrent feuilles de choux et pavots, et partout les bibelots, les portraits, éclairés par quelques touches de lumière. Dans ce curieux ensemble, le noir feutré des murs et l’ivoire satiné des portes semblent faire écho aux touches d’un clavier. Comme dans un décor, chaque élément a une place savamment choisie. Ce qui naguère n’était qu’une boutique est devenu un hôtel particulier, réaménagé par celui qui composa, deux ans après son installation, l’histoire de Melody Nelson. Si le lieu n’est plus aujourd’hui habité, tout nous ramène à celui qui l’a façonné à son image. Chaque objet livre un pan de son intimité et de son œuvre, chaque détail a valeur d’indice.

Créer le double miniature du 5 bis, inaccessible et inhabité, connu et méconnu tout à la fois, m’est apparu comme une évidence. Je voulais donner à voir l’invisible, connaître ses moindres recoins, surplomber d’un seul regard son volume. Le défis était de taille.

Les sources publiques ont permis, dans une certaine mesure, d’accéder à l’espace caché. Sur internet, des photographies montrent les pièces sous différents angles. L’éclairage et le cadrage donnent cependant des informations parcellaires voire trompeuses. Quelles sont les réelles dimensions des pièces ? Quelles circulations des corps et des regards permet leur distribution ? De l’une à l’autre, quelles ouvertures et quels passages ?





© Tony Frank